Accueil » Présenter l’impact autrement, ou comment agrémenter vos tartes d’ingrédients qualitatifs

Présenter l’impact autrement, ou comment agrémenter vos tartes d’ingrédients qualitatifs

Atypic

24 novembre 2016

Articles de blogue

Présenter l’impact autrement, ou comment agrémenter vos tartes d’ingrédients qualitatifs

Savoir mesurer et prouver ses impacts (ou plutôt ses retombées ou son influence, comme me le recommanderait le Grand dictionnaire terminologique…) est un défi constant pour les organismes.

Un défi d’autant plus complexe que les « impacts » intéressent une variété de personnes – le conseil d’administration, les institutions subventionnaires, les partenaires, les employés, les bénéficiaires et les donateurs – qui ont des attentes bien différentes.

Plaçons-nous du point de vue des donateurs… Si on va au-delà de la sempiternelle tarte Où vont vos dons, que veulent-ils savoir au juste?

  • Si en tant qu’organisme, vous savez bien mobiliser vos ressources
  • Si votre équipe est efficace à imaginer et à apporter des solutions
  • Si vous faites du progrès dans l’accomplissement de votre mission ou de vos objectifs (évidemment, plus cette mission et ces objectifs sont clairs, plus il est facile de démontrer que vous vous en approchez)
  • Si tout ceci profite effectivement aux personnes que vous desservez.

Des donateurs qui se contentent de quelques données ou statistiques positives au moment de renouveler leur don… voilà qui relèverait de plus en plus du mythe, entre autres selon les collaborateurs au dernier numéro de Advancing Philanthropy, qui parle justement du succès et de la façon de le mesurer.

Faites le test. Qu’est-ce qui vous inspire le plus? Savoir que 250 jeunes décrocheurs ont pu cette année s’inscrire à des activités parascolaires à la suite de votre appui ou que grâce à vous, un jeune qui n’avait aucun intérêt pour l’école non seulement parle de nouveau à ses parents, mais a en plus des épisodes positifs à raconter au retour de ses journées?

Et si, plutôt que d’y aller seulement avec des nombres et des statistiques, on allait chercher du qualitatif?

Le sentiment d’avoir aidé une personne à se construire, la conviction d’avoir contribué au développement d’un esprit, ça compte. Nous sommes des êtres de relations, n’est-ce pas? Aussi, pour un organisme, autant il est important d’établir un lien entre les donateurs et les gens qu’ils sont appelés à aider au moment de présenter les besoins, autant il serait important d’y revenir, au moment de la reddition de comptes. Le témoignage, en ce sens, fonctionne à une étape comme à l’autre.

Je prends comme exemple Amnistie internationale. J’aime la façon dont cet organisme prouve son efficacité chaque année avec sa campagne Écrire, ça libère. Lancée quelques semaines avant la Journée mondiale des droits humains, cette campagne…

  • rappelle la force de mobilisation d’Amnistie – plus de 50 000 sympathisants écrivent et donnent cette journée-là dans le but de faire libérer des prisonniers
  • met l’accent sur sa manière très efficace de fonctionner, soit l’envoi massif de lettres, de courriels et de tweets à l’endroit des usurpateurs des droits humains
  • annonce les libérations de l’année précédente à l’aide de témoignage et de photos
  • « prédit » des libérations – en autant que faire se peut! – en vertu de l’efficacité éprouvée de sa mécanique

Ça fonctionne. Parce qu’au-delà des chiffres, il y a un lien émotionnel extrêmement puissant qui se crée dans le contexte de cette campagne, non seulement entre sympathisants, mais avec la personne que nous voulons tous faire libérer. Une seule libération suffit même, et on a la conviction de contribuer à quelque chose de grand!

Sinon, et bien la présentation de tartes et de chiffres semble avoir la vie dure si on se fie au nouvel outil proposé par Canada Don pour aider les organismes à présenter leurs impacts (si comme moi vous n’êtes pas membre, vous avez au moins un lien vers un exemple en bas de page).

De notre côté, et si on gardait comme idée que le story telling est tout aussi bien au début, pour présenter les besoins aux donateurs, qu’à la fin, pour leur montrer qu’ils ont une influence positive sur le déroulement d’une ou de plusieurs vies? Après tout, quand on nous raconte le début d’une histoire, on a tous envie d’entendre la fin!

C’est sans doute ce que se sont dit Helen et l’équipe étoile de Charity Water.

 

Parlez-vous l’inclusion?

Atypic, 10 juin 2024

Articles de blogue